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Frère !
Paroles : T. Pero & P. Sarrailh Musique : Bachianas Brasileras, de Villa Lobos |
Chant
Frère ! Toi et moi nous vivons sur la même Terre. La lune dans les nuits d'hiver, Le vent du bord de mer, Le soleil qui nous éclaire, Font partie d'un seul univers planétaire, Assez grand pour des milliards de frères Qui pourraient s'aimer, Et pourtant ! Et pourtant, comment le taire ? J'ai la paix, tu as la guerre. J'ai du pain, toi, la misère. J'ai l'amour doux de ma mère. Tu es seul. J'ai mal pour toi mon frère. | |
Récital
Il fait froid, il fait noir ; c'est un soir de Décembre. Je regarde dehors au carreau de ma chambre ; Tout est calme, et pourtant, un frisson me saisit Quand j'aperçois soudain un petit oiseau gris Blotti, tout grelottant, au coin de la fenêtre. J'ouvre et je tends la main vers ce tout petit être Et le prends avec moi pour le mettre à couvert. C'est un moineau. Il tremble, il a peur de l'hiver. Se sentant en confiance, à l'abri de la bise, L'oiseau se tourne alors vers moi, et, ô surprise, D'une petite voix il se met à parler. "Merci, ami, par ta bonté, tu m'as sauvé : Ici, dans ce pays, les oiseaux quelquefois Pour survivre ont besoin des enfants comme toi, Et je suis bien heureux de t'avoir à présent." |
Pourtant, écoute donc ce que m'a raconté L'oiseau des océans, le grand goéland blanc. Bien loin d'ici, après avoir longtemps volé, On atteint des régions qui n'existent qu'en rêve. Là-bas tous les oiseaux sont de mille couleurs, Et jamais ils n'ont peur que l'été ne s'achève, Il ont toute l'année du soleil et des fleurs. Là-bas, dans ces pays, les oiseaux sont les rois. Pourtant, et mon cœur saigne, le goéland m'a dit Qu'il y a vu aussi, dans ces pays, là-bas, Dans des villes en ruine et des villages gris, Au milieu des décombres amoncelés, toujours Fuyant devant la faim, la misère et la guerre, Des enfants seuls et nus, sans abri, sans secours, Et nul oiseau ne pourra les aider : tes frères. |